« Quelle Energie pour une Côte d’Ivoire nouvelle ? Bilan et Perspectives »: Allocution du premier ministre

Mercredi 13 juillet 2016. Yamoussoukro-Fondation Félix Houphouët-Boigny. Le premier ministre Daniel Kablan Duncan a présidé la cérémonie d`ouverture de la troisième édition du séminaire national sur l`énergie en présence de plusieurs acteurs nationaux et internationaux du secteur.

• Monsieur le Ministre du Pétrole et de l’Energie ;
• Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ivoirien ;
• Mesdames et Messieurs les Ministres des pays frères des sous-régions ;
• Monsieur le Gouverneur du District Autonome de Yamoussoukro ;
• Monsieur le Préfet de la Région des Lacs, Préfet du Département de Yamoussoukro ;
• Honorables Députés ;
• Monsieur le Maire de la Commune de Yamoussoukro ;
• Mesdames et Messieurs les Présidents de Conseils d’administration, Directeurs Généraux et Directeurs Centraux,
• Mesdames et Messieurs les représentants des Partenaires Techniques et Financiers ;
• Mesdames et Messieurs les Experts ;
• Honorables Chefs traditionnels et Guides religieux ;
• Chers Amis des Medias ;
• Honorables invités ;
• Mesdames et Messieurs ;

Au moment s’ouvrent les travaux du deuxième Séminaire National sur l’Energie portant sur le thème « Quelle énergie pour une Côte d’Ivoire nouvelle ? Bilan et perspectives », il m’est agréable, au nom du Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, d’adresser mes salutations chaleureuses à toutes les personnalités et acteurs du secteur de l’Energie qui se sont associés à cette importante rencontre.

Je salue la présence distinguée de toutes les délégations étrangères qui nous font l’amitié de prendre part à ce séminaire et leur souhaiter le traditionnel AKWABA c’est à dire la fraternelle et cordiale bienvenue à Yamoussoukro.

J’adresse mes salutations fraternelles aux autorités politiques, administratives, coutumière et religieuses de notre capitale politique, Yamoussoukro, que nous retrouvons toujours avec la même émotion, avec le souvenir encore vivace du Père de la Nation, Feu le Président Félix Houphouët-Boigny.

Je tiens à féliciter vivement Monsieur le Ministre du Pétrole et de l’Energie pour avoir institué et réussi à pérenniser ce cadre de réflexion d’échanges en organisant, chaque année depuis 2011, un séminaire à portée internationale sur l’Energie avec la participation d’experts et de compétences venant de différents pays du monde pour partager leurs expériences dans les domaines de l’électricité et des hydrocarbures.

J’associe à ces félicitations toutes les équipes qui ont travaillé à la préparation de cet important séminaire.

Enfin, je tiens à exprimer ma sincère gratitude aux partenaires nationaux et internationaux, aux acteurs des secteurs du pétrole, du gaz et de l’énergie en Côte d’Ivoire, pour leur participation nombreuse et distinguée à cet important séminaire. Votre présence à ce séminaire reflète bien la grande confiance que vous accordez à notre pays et dans son potentiel énergétique.

• Honorables invités ;
• Mesdames et Messieurs ;

Comme vous le savez, sur la période de 2012 à 2015, le taux de croissance du PIB de la Côte d’Ivoire a été en moyenne de 9% par an. Cette belle performance économique, impulsée par Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire, doit se poursuivre, afin de réaliser la vision du Chef de l’Etat de « faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020 ».
Pour cela, nous devons nécessairement disposer, entre autres, d’un secteur de l’énergie et d’un secteur des hydrocarbures suffisamment solides pour soutenir cette croissance à travers, notamment, l’approvisionnement de l’économie et des populations en énergie en quantité importante, de bonne qualité et à moindre coût.
En outre, faut-il le rappeler, notre pays s’est donné pour ambition de constituer un hub énergétique dans la sous-région ouest africaine.

Pour atteindre ces nobles objectifs, le Gouvernement a entrepris, au cours de la période 2011-2015, des réformes institutionnelles et règlementaires dans les secteurs de l’énergie et des hydrocarbures, qui ont permis d’améliorer leur viabilité financière et de les adapter aux défis futurs.

En outre, d’importants projets de réhabilitation et de renforcement des ouvrages de production, de transport et de distribution permettent aujourd’hui aux ivoiriens et à des pays frères de la sous-région de bénéficier d’une l’énergie de bonne qualité.

A cela s’ajoute, les programmes entrepris en matière d’accès à l’électricité à savoir le Programme National d’Electrification Rurale (PRONER) et le Programme Electricité Pour Tous (PEPT) dont la mise en œuvre a permis de faire passer le taux d’accès à l’électricité de 74% en 2011 à 80% en 2015.

Enfin, l’objectif annoncé dans le secteur de l’électricité par le Ministère du Pétrole et de l’Energie sur la base de perspectives de croissance économique de notre pays était de 2000 MW en 2015 ; ce chiffre a été atteint.

S’agissant des perspectives, le Gouvernement a prévu, au titre du Programme National de Développement (PND) 2016-2020, des investissements de l’ordre de 6.152 milliards de FCFA dans ce secteur, soit 20,99 % du budget global représentant le poids au niveau sectoriel le plus élevé.

Pour ce qui concerne l’électricité, il s’agit d’apporter une réponse adéquate et suffisante à la demande nationale et aux besoins des pays voisins déjà desservis par la Côte d’Ivoire, à savoir, le Ghana, le Togo et le Bénin à l’Est, le Burkina et le Mali au Nord. Il est également prévu, à moyen terme, l’approvisionnement du Libéria, de la Guinée et de la Sierra Léone.

Par ailleurs, nos efforts visent à renforcer l’offre et à améliorer le mix énergétique par la diversification des sources de productions, notamment, l’hydroélectricité, le thermique et les énergies renouvelables (biomasse, solaire, éolienne, etc…).

L’accroissement du parc de production d’électricité sera accompagné par une intégration de plus en plus grande des énergies renouvelables dans le mix-énergétique pour respecter les engagements en matière de réduction de gaz à effet de serre pris par la Côte d’Ivoire à la COP 21 de Paris.

A l’horizon 2030, notre pays compte disposer d’un mix énergétique composé de 34% d’énergie renouvelable, 57% de thermique et 9% de charbon. Les investissements pour y parvenir se chiffrent à 20 milliards de dollars (environ 10.000 milliards de FCFA) d’investissements au cours des quinze prochaines années.

En ce qui concerne spécifiquement l’offre, la Côte d’Ivoire envisage de passer à 3000 MW en 2018 et atteindre 4000 MW minimum à l’horizon 2020. Pour atteindre ces objectifs, de nombreux projets sont mis en œuvre dans ce secteur.

Dans le domaine de l’hydroélectricité, le Gouvernement a lancé la construction de barrages hydrauliques, notamment celui de Soubré 275 MW pour 331 milliards FCFA et procèdera à la construction de ceux de Boutoubré, de Louga, et de Gribo-Propoli pour plus de 500MW.

Dans le domaine thermique, les capacités seront renforcées avec la construction des centrales de Songon et de Grand-Bassam.

Par ailleurs, le Gouvernement a créé toutes les conditions pour l’augmentation des capacités de production par des producteurs indépendants d’électricité (CIPREL, AZITO et AGGREKO) installés dans notre pays.

S’agissant du Pétrole et du Gaz, après l’impulsion donnée pendant des décennies par son potentiel agricole, l’exploitation des ressources du sous-sol devrait constituer, pour les prochaines décennies, le deuxième pilier, deuxième mamelle de l’économie nationale.
À cette fin, le gouvernement a procédé à la révision du Code pétrolier et des contrats de partage de production (PSC), afin de créer des conditions d’une plus grande attractivité pour attirer de nouveaux investisseurs.

Je relève avec satisfaction le grand intérêt manifesté par les plus grandes compagnies internationales à notre pays. C’est dans ce contexte nouveau, plus favorable et incitatif que 19 nouveaux Contrats de Partage de Production (CPP) ont été signés entre décembre 2011 et septembre 2014.

Pour maintenir cette dynamique, dès 2012, des instructions ont été données au Gouvernement, afin de définir des plans d’actions couvrant les périodes 2012-2015, 2016-2020 et 2021-2030, en vue de poursuivre le développement du Secteur de l’Energie.

• Honorables invités ;
• Mesdames et Messieurs ;
Il apparait donc opportun, au terme de la période 2012-2015, de faire l’état de la mise en œuvre des projets contenus dans le plan d’actions de ladite période, afin d’en tirer des leçons pour permettre la bonne réalisation des projets futurs.

C’est pourquoi nous saluons l’organisation du présent séminaire dont le thème est : « Quelle Energie pour une Côte d’Ivoire nouvelle ? Bilan et Perspectives ». Vos travaux devraient, en effet, permettre de faire le bilan de la mise en œuvre des deux (02) projets de développement identifiés pour la période 2012-2015, d’en tirer les leçons pour élaborer des plans opérationnels 2016-2020 plus efficaces et plus porteurs de développement.

C’est pourquoi nous accordons un grand intérêt aux fruits de vos réflexions, qui doivent permettre d’affiner les stratégies et plans existants ou en cours d’élaboration.

Je voudrais, pour conclure, vous réitérer à toutes et à tous mes vifs remerciements ainsi que les compliments du Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, pour votre présence nombreuse et distinguée.

Avec mes encouragements et mes vœux de plein succès, je déclare au nom de S.E. M Alassane OUATTARA, Président de la République, ouvert le séminaire national portant sur le thème « Quelle Energie pour une Côte d’Ivoire nouvelle ? Bilan et Perspectives».

Je vous remercie de votre aimable attention !